La Delegation

Le Cameroun: Contexte et lieu de notre mission

A- Réalité politique

Le Cameroun jouit d’une stabilité politique et d’une paix relatives. La politique régit toute la vie du pays. Elle est définie par le président, qui en est d’ailleurs la personne centrale. Tout se fait par lui et autour de lui. Il jugule  le législatif et le judicaire, qui sont en fin de compte réduits à de simples circursales de la Présidence. Bien que des efforts notables sont régulièrement faits pour combattre la pauvreté. Mais ceux-ci buttent au phénomène de la corruption, par lequel le Cameroun a remporté plusieurs titres… La politique actuellement en vigueur au Cameroun s’illustre par une forte collusion avec les cercles ésotériques.

 

B- Réalité ecclésiale

L´Eglise catholique au Cameroun est centenaire. Elle compte environ 122 ans d´évangélisation. Elle comprend à présent 25 diocèses repartis dans cinq (5) provinces ecclésiastiques (Yaoundé, Douala, Bamenda, Garoua et Bertoua). Dans l´ensemble, le pourcentage des catholiques est de 32,4 %, tandis que l´ensemble des chrétiens, toutes confessions confondues, est de 66,2%; l’islam (27,9 %), l’animisme (4,6 %), les autres religions (2,1 %) et les libres-penseurs (3,2 %). Au Cameroun, l´Eglise catholique connaît une croissance fulgurante au regard de nombreuses conversions et des baptêmes. On note aussi un foisonnement de vocations sacerdotales et religieuses.

 

C- Réalité congrégationnelle

Les Missionnaires Clarétains sont arrivés au Cameroun en 1970 (dans la partie francophone, précisément à Akono dans l´Archidiocèse de Yaoundé) et en 1986 (dans la partie anglophone précisément à Batibo dans l’Archidiocèse de Bamenda. Aujourd’hui, ils sont présents dans 9 diocèses (Yaoundé, Mbalmayo, Obala, Bafoussam, Bamenda, Kumbo, Kumba, Buéa et Douala).  Leur apostolat se regroupe en deux grands secteurs : l´animation des paroisses (17 paroisses au total) et la formation des missionnaires.  Ils exercent l´accompagnement des fidèles, la pastorale juvénile, la catéchèse, la célébration des sacrements, l´animation des communautés ecclésiales de base, la formation biblique et de justice et paix. Quant à la formation, On compte 3 maisons : un postulat-philosophât, un noviciat et un Théologat.

La Congrégation au Cameroun jouit d´abondantes vocations. On compte aujourd´hui une trentaine de Clarétains camerounais et centrafricains à vœux perpétuels, une vingtaine d´étudiants profès en philosophie et en théologie, une dizaine de postulants en philosophie, une dizaine de pré-postulants, huit novices. Et par l´animation de la pastorale vocationnelle, de nombreux jeunes se sentent appelés à partager l´idéal missionnaire clarétain.

 

D- Réalité sociale

Pays de 23 millions d’habitants, le Cameroun est une «Afrique en miniature.» Il offre une richesse culturelle qui demande une stratégie évangélisatrice multiforme et une diversité géographique à explorer progressivement. Une analyse sociologique du contexte social du Cameroun en tant que lieu de notre mission présente beaucoup d’atouts, mais également des défis qui, à l’aube de ce deuxième triennat, peuvent stimuler/ralentir notre élan missionnaire. Il est donc avantageux que de prime abord nous prenions conscience, individuellement et collectivement, de l’incidence que tout cela peut avoir sur la mission de notre jeune, fragile mais dynamique Délégation.

 

  1. Atouts
  • La diversité ethnique et culturelle oblige les Camerounais à la cohabitation et au dialogue, qui sont des passerelles vers l’unité nationale et l’interculturalité;
  • La société camerounaise est hospitalière au niveau interne, en ce sens que les Camerounais sont ouverts à accueillir les étrangers, même s’ils doivent payer le prix. Car certains étrangers ne sont pas toujours respectueux des lois républicaines;
  • Les Camerounais n’ont pas une mentalité belliqueuse ni nationaliste;
  • Un très fort développement de la vie associative (bikoan/réunions);
  • Un fort pourcentage de mariages exogamiques;
  • Plus de soixante (60) pourcent de la population camerounaise est jeune: une abondante main d’œuvre pour soutenir toute œuvre de construction;
  • Les médecines traditionnelle et moderne coexistent et sont en dialogue;
  • La création de beaucoup d’hôpitaux, écoles et universités;
  • Le développement des NTIC et la croissance de la génération androïde;
  • Un fort pourcentage du taux d’alphabétisation (70%);
  • Les religions promeuvent des valeurs et réalisent des œuvres sociales;
  • Les religions enseignent et forment les populations à travers les mass-médias;
  • Le bilinguisme Français-Anglais est aussi à

 

  1. Défis
  • L’importation des mauvaises habitudes étrangères (velléités nationalistes, corruption, tribalisme, favoritisme…);
  • Taux de chômage très élevé; ce qui justifie d’ailleurs l´exode rural, le phénomène du grand banditisme armé, la mendicité, etc.;
  • Beaucoup d’enseignants fuient les campagnes pour s’agglutiner dans les villes;
  • La dépravation des mœurs et le «syndrome de la dépendance» (parasitisme familial);
  • Le développement réciproque d’un complexe de supériorité entre anglophones et francophones;
  • Certaines Eglises/sectes manipulent les consciences de leurs adeptes entrainant des divisions de famille;
  • La menace grandissante du Boko Haram et de la désertification;
  • La destruction abusive de la nature causant la dégradation croissante du climat.