StE. Agnes de Rome,
vierge et martyre, mémoire
A Rome, au début du 4e siècle, une jeune fille de douze ans affronte sans crainte la mort, plutôt que de renier le Christ qu’elle aime par-dessus tout. Forte de la force même de Dieu, cette enfant résiste aux menaces, aux tortures, et réussit à préserver sa virginité. Telle fut Agnès, dont le nom, d’origine grecque, signifie ‘’la pure’’. Mais ‘’Agnès’’ évoque aussi ‘’agneau’’ : dans sa martyre, le Christ, Agneau de Dieu, continuait à triompher du mal par son sang répandu.
Antienne d’ouverture : Ps 65, 4
Que toute la terre se prosterne devant toi: Seigneur, qu’elle chante pour toi, qu’elle chante à la gloire de ton nom, Dieu très-haut.
Prière d’ouverture
Dieu éternel et tout-puissant, qui régis l’univers du ciel et de la terre: Exauce, en ta bonté, les prières de ton peuple et fais à notre temps la grâce de la paix. Par Jésus Christ.
1ère lecture : 1 S 24,3-21
Saül prit trois mille hommes, choisis dans tout Israël, et partit à la recherche de David et de ses gens en face du Rocher des Bouquetins. Il arriva aux parcs à moutons qui sont en bordure de la route ; il y a là une grotte, où Saül entra pour se soulager. Or, David et ses hommes se trouvaient au fond de la grotte. Les hommes de David lui dirent : « Voici le jour dont le Seigneur t’a dit : “Je livrerai ton ennemi entre tes mains, tu en feras ce que tu voudras.” » David vint couper furtivement le pan du manteau de Saül. Alors le coeur lui battit d’avoir coupé le pan du manteau de Saül. Il dit à ses hommes : « Que le Seigneur me préserve de faire une chose pareille à mon maître, qui a reçu l’onction du Seigneur : porter la main sur lui, qui est le messie du Seigneur. » Par ses paroles, David retint ses hommes. Il leur interdit de se jeter sur Saül. Alors Saül quitta la grotte et continua sa route. David se leva, sortit de la grotte, et lui cria : « Mon seigneur le roi ! » Saül regarda derrière lui. David s’inclina jusqu’à terre et se prosterna, puis il lui cria : « Pourquoi écoutes-tu les gens qui te disent : “David te veut du mal” ? Aujourd’hui même, tes yeux ont vu comment le Seigneur t’avait livré entre mes mains dans la grotte ; pourtant, j’ai refusé de te tuer, je t’ai épargné et j’ai dit : “Je ne porterai pas la main sur mon seigneur le roi qui a reçu l’onction du Seigneur.” Regarde, père, regarde donc : voici dans ma main le pan de ton manteau. Puisque j’ai pu le couper, et que pourtant je ne t’ai pas tué, reconnais qu’il n’y a en moi ni méchanceté ni révolte. Je n’ai pas commis de faute contre toi, alors que toi, tu traques ma vie pour me l’enlever. C’est le Seigneur qui sera juge entre toi et moi, c’est le Seigneur qui me vengera de toi, mais ma main ne te touchera pas ! Comme dit le vieux proverbe : “Des méchants sort la méchanceté.” C’est pourquoi ma main ne te touchera pas. Après qui donc le roi d’Israël s’est-il mis en campagne ? Après qui cours-tu donc ? Après un chien crevé, après une puce ? Que le Seigneur soit notre arbitre, qu’il juge entre toi et moi, qu’il examine et défende ma cause, et qu’il me rende justice, en me délivrant de ta main ! » Lorsque David eut fini de parler, Saül s’écria : « Est-ce bien ta voix que j’entends, mon fils David ? » Et Saül se mit à crier et à pleurer. Puis il dit à David : « Toi, tu es juste, et plus que moi : car toi, tu m’as fait du bien, et moi, je t’ai fait du mal. Aujourd’hui tu as montré toute ta bonté envers moi : le Seigneur m’avait livré entre tes mains, et tu ne m’as pas tué ! Quand un homme surprend son ennemi, va-t-il le laisser partir tranquillement ? Que le Seigneur te récompense pour le bien que tu m’as fait aujourd’hui. Je sais maintenant que tu régneras certainement, et que la royauté d’Israël tiendra bon en ta main.
Psaume : 56 (57), 2, 3-4ac, 6.11
R/ Pitié pour moi, mon Dieu, pitié pour moi!
1. Pitié, mon Dieu, pitié pour moi! En toi je cherche refuge, un refuge à l’ombre de tes ailes, aussi longtemps que dure le malheur.
2. Je crie vers Dieu, le Très-Haut, vers Dieu qui fera tout pour moi. Du ciel, qu’il m’envoie le salut, qu’il envoie son amour et sa vérité !
3. Dieu, lève-toi sur les cieux: que ta gloire domine la terre! Ton amour est plus grand que les cieux, ta vérité, plus haute que les nues.
Acclamation
Alléluia, alléluia! Dans le Christ, Dieu réconciliait le monde avec lui: il a mis dans notre bouche la parole de la réconciliation. Alléluia. (cf. 2 Co 5, 19)
Évangile : Mc 3, 13-19
En ce temps-là, Jésus gravit la montagne, et il appela ceux qu’il voulait. Ils vinrent auprès de lui, et il en institua douze pour qu’ils soient avec lui et pour les envoyer proclamer la Bonne Nouvelle avec le pouvoir d’expulser les démons. Donc, il établit les Douze: Pierre – c’est le nom qu’il donna à Simon –, Jacques, fils de Zébédée, et Jean, le frère de Jacques – il leur donna le nom de «Boanerguès», c’est-à-dire: «Fils du tonnerre» – André, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques, fils d’Alphée, Thaddée, Simon le Zélote, et Judas Iscariote, celui-là même qui le livra.
Prière sur les offrandes
Seigneur, nous te présentons ces offrandes en la fête de sainte Agnès: accueille-les avec autant de bienveillance que tu as accueilli son martyre. Par Jésus.
Antienne de la communion : Ps 22, 5
« Je suis la vigne et vous êtes les sarments, dit le Seigneur. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit. »
Prière après la communion
Seigneur, tu as donné à la bienheureuse Agnès d’être comptée parmi les saintes du ciel, au double titre de vierge et de martyre ; par la force de cette communion, fais-nous sortir vainqueurs de toute épreuve pour obtenir un jour la gloire du Royaume. Par Jésus.
Méditation
Jésus s’en va dans la montagne, un lieu à l’écart, pour une étape importante de sa vie et de sa mission : l’appel de ses collaborateurs. C’est une nouvelle genèse, avec un échantillon d’humanité, des braves gens comme vous et moi : Pierre, Jacques, Jean… Il les institue, les investit d’une mission, en nommant, et même renommant certains pour l’occasion. Jésus nomme ses collaborateurs comme Adam avait nommé les créatures du Paradis. L’aventure peut commencer. C’est important de savoir qui on est, et qui nous envoie, pour être ambassadeur ! Un nom se reçoit toujours d’un autre. Il est le gage d’une confiance et une ouverture sur un avenir. Jésus veut « qu’ils soient avec lui ». Dans l’Evangile de Jean il demandera même à Dieu : « qu’ils soient en nous ». Projet de communion pour toute l’humanité, qu’il commence humblement avec Pierre, Jacques, Jean… Que nos espérances les plus folles pour le monde puissent trouver un début de réalisation avec… Pierre, Jacques, Jean…